LiLy Jeune innocente pervertie

Nombre de messages: 3577 Age: 21 Localisation: Bordeaux Date d'inscription: 14/05/2008
 | Sujet: Amours perdus Dim 25 Mai - 0:00 | |
| Voici une nouvelle que j'ai écrite l'an dernier à l'occasion du concours de la nouvelle au lycée où j'étais. Pour ceux qui se demanderaient, non je n'ai pas gagné le concours (mais j'ai gagné deux livres MDR). Je m’appelle Alexandre Carpenter, alias Alex. J’habite dans le Vaucluse, plus précisément dans une ville nommée Avignon. Si j’ai vécu en totale harmonie avec ma famille durant toute mon enfance, ma vie est devenue un véritable enfer il y a trois ans : à partir de mes quinze ans. J’ai en effet commis l’erreur de révéler à ma mère mon homosexualité. Considérant cela comme un phénomène totalement contre-nature, elle n’hésita pas à me renier et à m’envoyer vivre chez mon père, qui est aussi agréable et sociable qu’un cadavre dans un tombeau. Depuis lors, je me suis replié sur moi-même, ce qui eut bien évidemment des répercussions sur ma vie sociale au lycée. Heureusement pour moi, je m’étais orienté vers un BTS informatique et j’étais très doué en la matière. Une manière de rattraper le coup comme on dit. En plus d’être un simple outil d’enseignement, l’ordinateur était un peu comme mon meilleur ami : pour tuer le temps, et n’ayant vraiment rien d’autre à faire, je naviguais entre différents chats. Mais il y en avait un en particulier sur lequel je passais le plus clair de mon temps. Depuis plusieurs semaines je conversais en effet avec un homme d’une trentaine d’années environ. Nos relations étaient d’autant plus amicales qu’il n’avait été nullement choqué en apprenant mon "secret" puisqu’il était lui-même homosexuel. J’avais donc, pour la première fois de ma vie, réussi à me faire un véritable ami, même si celui-ci était plus "mûr" que moi. Il était d’ailleurs le seul rayon de soleil dans les ténèbres de mon existence. Au lycée, j’étais l’homme invisible : seuls les profs m’accordaient ne serait-ce qu’un minimum d’attention, à croire qu’ils étaient tous homophobes. Au départ j’en souffrais, maintenant cela n’avait plus aucune importance à mes yeux. Au fil du temps j’avais appris à ne plus prendre en compte l’opinion des autres : je restais tel que j’étais et tant pis si cela ne plaisait pas. A la maison, mon père et moi nous ignorions mutuellement : on ne s’était pas adressé la parole depuis des années et l’on faisait chacun semblant de faire comme si l’autre n’existait pas. Quant à ma mère et aux autres membres de ma famille, je n’avais plus eu aucune nouvelle depuis que l’on m’avait chassé, et à vrai dire cela ne m’importait guère. Vous pensez sans doute que je suis frivole : c’est vrai, mais c’est uniquement parce que je ne veux pas laisser la colère ou la haine m’envahir. Cela ne changerait rien à part m’entraîner dans un cercle vicieux d’où j’aurais du mal à sortir. J’estime être quelqu’un de bien et, même si ma vie est morose, je veux en profiter à cent pour cent. D’ailleurs, Chris était là pour me le rappeler à chaque jour qui passait. C’était quelqu’un de formidable qui, sans le savoir, m’avait sorti de l’impasse au moment où je touchais le fond. Il m’avait révélé une partie de moi dont je n’avais pourtant pas conscience malgré son importance : mes qualités. Ce qui était bizarre était que, tout en ayant une vision optimiste de la vie, il avait cependant enduré les mêmes épreuves que moi. Pour lui, la vie n’avait pas été facile non plus mais, fin psychologue, il pensait que toute vie avait un but heureux et qu’il suffisait de le découvrir pour trouver le bonheur. Personnellement, je cherche toujours le mien.
Vint le mois de décembre. Comme tous les ans, je m’attendais à passer le jour de Noël tout seul, sans fête ni cadeaux. Mais, alors que je discutais comme à mon habitude avec Chris, j’appris que ce dernier passerait également Noël tout seul. Certes, je savais qu’il n’avait plus de famille mais cette nouvelle m’étonna… puis m’enchanta. En effet, une merveilleuse idée nous vint tous les deux à l’esprit : celle de nous rencontrer enfin et de profiter ensemble du vingt-quatre décembre. La seule ombre au tableau était que, même si mon père m’ignorait superbement, je savais que l’idée d’accueillir chez lui un étranger, qui plus est un ami de son homosexuel de fils, le révulserait d’horreur. Chris me proposa alors de venir chez lui, me fournissant un plan du trajet que je suivis à la lettre le jour venu. Lorsque je fus devant la porte de sa maison, les battements de mon cœur s’accélérèrent et un indescriptible frisson me surprit. J’étais tellement heureux et tellement impatient que, paradoxalement, j’hésitai à appuyer sur la sonnette de la porte d’entrée. Ressentais-je de l’amour ? Je ne pouvais le dire. Mais ce qui est sûr c’est que ce sentiment était bien plus fort qu’une simple amitié. Lorsque j’eus enfin le courage de sonner et que la porte s’ouvrit, un large sourire se dessina malgré moi sur mon visage… sourire que Chris me rendit. Il était encore plus beau que sur toutes les photos que j’avais pu voir de lui : il avait les cheveux courts d’un noir ébène, des yeux d’un bleu foncé hypnotisant, un visage ni trop large ni trop fin et des biceps parfaitement adaptés à sa silhouette. J’étais vraiment moche à côté de lui, avec mes cheveux en pagaille couleur roux virant blonds, mes yeux d’un marron que l’on voit partout, ainsi que mon visage et mes épaules un peu carrés. Nous nous contemplâmes, immobiles, pendant quelques secondes avant qu’il ne m’invite à entrer. Il faut le dire : sa maison était bien plus grande et jolie que la mienne, surtout avec les décorations de Noël. Une fois que Chris m’eut fait visiter la maison, nous nous installâmes dans le salon. Je ne sais pas s’il ressentait cela aussi, mais j’avais l’étrange impression de le voir et de lui parler pour la première fois, et en même temps de le connaître depuis toujours. Nous parlâmes longuement, de tout et de rien, variant discussions sérieuses et importants délires. Ce fut pour moi un Noël inoubliable, mais également l’un des plus beaux moments de ma vie. A minuit, comme le voulait la tradition, nous nous offrîmes nos cadeaux respectifs… ou plutôt notre cadeau. Nous n’avions effectivement acheté tous les deux qu’un seul cadeau pour l’autre, mais la quantité n’avait aucune importance, n’est-ce pas ? Etant donné que je savais qu’il adorait lire et que la psychologie le passionnait, je lui avais offert une œuvre de psychologie très connue de laquelle il fut sincèrement satisfait. Quant à lui, sachant que je faisais la collection de boules à neige, il m’en avait offert une particulièrement belle dans laquelle un ange reposait sur un nuage et où les flocons étaient couleur dorée. A nouveau, un sourire se dessina sur mon visage et je m’approchai de lui pour le remercier, ce qu’il fit aussi. Lorsque nous fûmes l’un en face de l’autre, ce ne fut pas une simple bise qui illustra nos remerciements et notre joie mais véritablement un baiser. A ce moment précis, je ne puis dire si mon teint vira au blanc pâle ou au rouge tomate, ni même ce que je ressentais. Tout se mélangeait dans mon esprit et je n’osai croiser le regard de Chris. Qu’avais-je fait ? Et pourquoi ? Autant de questions auxquelles la réponse venait tout naturellement à moi et à laquelle je ne voulais cependant pas me retrouver confronté. Pourtant, il paraissait évident que je ne pouvais fermer les yeux plus longtemps. En une seconde, tous mes mauvais souvenirs me revinrent en mémoire. J’avais honte. Oui, honte. Honte de ce que j’éprouvais. Le désir de n’avoir jamais connu Chris me traversa soudain l’esprit. Le monstre que tout le monde m’accusait d’être se dessinait en moi, et j’avais l’impression de ne rien pouvoir y faire. Si l’on avait exaucé un seul de mes souhaits en cet instant, il aurait été de partir loin d’ici pour ne plus jamais revenir. Chris dû remarquer mon malaise car, posant sa main sur mon menton pour me forcer à relever la tête, il me rassura par de douces paroles qui seront à tout jamais gravées dans mon cœur, mais vous comprendrez que je ne vous dévoile rien de ces dires. Après une longue discussion, nous finîmes par nous avouer nos sentiments mutuels, non sans une certaine appréhension, et nous prîmes l’initiative de nous revoir régulièrement et d’entamer une relation, qui plus est durable et sérieuse.
Celle-ci dura un an. Au bout d’une année, ne supportant plus de nous voir par épisodes, nous prîmes la décision de vivre sous le même toit. C’est à partir de ce moment que mon bonheur, qui avait atteint son paroxysme, s’éteignit peu à peu. "Le quotidien tue un couple" dit-on. Vous ne pouvez pas savoir à quel point cela est vrai. Je reconnais qu’au début tout se passait bien. Malheureusement, au fur et à mesure que les jours, les semaines s’écoulaient, je finissais non seulement par me rendre compte de certains défauts de Chris qui n’étaient pas négligeables, mais également d’une tension venant de sa part. Je sentais qu’il avait peur de quelque chose mais plus j’insistai pour savoir ce que c’était, plus il évitait le sujet, ce qui me frustrait évidemment encore plus. De quoi pouvait-il être si terrifié au point de refuser de se confier à moi ? Etant curieux et têtu de nature, je n’étais pas prêt à laisser tomber. Rajoutez à cela ses soi-disant rendez-vous et réunions qui se faisaient plus nombreuses, il y avait vraiment de quoi éveiller les soupçons.
Un après-midi qu’il était parti je ne sais où, je fis quelque chose que je ne me serai jamais cru capable de faire : fouiller dans ses affaires. Au bout d’un quart d’heure de recherches et n’ayant rien trouvé de concluant, je finis par m’imaginer tout un tas de scénarios plus ou moins vraisemblables ; le plus probable étant qu’il me trompait. Bien que ma raison me soufflait qu’une telle chose était impossible, le doute subsistait dans mon cœur. C’était décidé : il fallait à tout prix que je lui parle sans égards lorsqu’il rentrerait. Vous ne pouvez pas savoir ô combien j’étais loin de la vérité en cet instant. Mais, ne renonçant pas aussi facilement, j’ouvris de nouveau quelques tiroirs que je n’avais pas assez bien regardé à mon goût. La découverte d’un dossier médical attira mon attention : d’aussi loin que je me souvienne, Chris n’avait jamais eu de problèmes de santé. Je consultai donc ce dossier, en toute illégalité je l’avoue, et au fur et à mesure que j’avançai dans ma lecture, tout se chamboulait dans ma tête et dans mon cœur. Tout ce en quoi j’avais cru à propos de nous deux se brisait, se renversait tel un jeu de cartes. C’était comme si l’on m’arrachait le cœur d’un seul coup, sans prévenir. Lorsque j’eus terminé ma lecture, le poids de la nouvelle était tellement lourd que j’en lâchai le dossier, avant de tomber à genoux, tremblant de partout. Pléthore de sentiments se mélangeaient en moi : le chagrin, la colère, la rage, le désespoir… Pourtant, aucun n’arrivait à s’exprimer et j’étais même incapable de pleurer. La seule personne qui comptait véritablement à mes yeux, pour laquelle j’aurai été prêt à n’importe quoi, m’avait enfoncé une épée dans le dos, en plein cœur. Chris : un transsexuel. L’homme que j’aimais était en réalité une femme. Comment était-ce possible ? Je ne sais pas combien de temps je restai dans cette position, à me poser mille et une questions, mais en tout cas je n’avais pas bougé quand Chris rentra. M’apercevant ainsi, il se précipita vers moi, bilieux de ce qui m’arrivait. N’ayant pas réellement conscience de la réalité autour de moi, je ne réagis qu’au moment où je sentis une main sur mon épaule, la repoussant froidement. Puis, je me levai enfin, lui faisant face. Je l’aurai tué du regard si j’avais pu. Chris fronça les sourcils, ne saisissant pas très bien la situation. Il comprit alors ce qui se passait au moment où ses yeux se posèrent sur son dossier médical, toujours par terre. En un instant, l’expression de son visage passa de l’étonnement à la crainte, et il essaya tant bien que mal de se justifier, ce que je ne lui laissai pas le temps de faire, criant, hurlant tout ce que j’avais sur le cœur, tout le mal qu’il m’avait fait. Chris m’écouta sans rien dire ni même bouger, reconnaissant ses torts, les yeux brillants de larmes. Il m’apprit ainsi qu’il avait fait le choix de devenir un homme il y a six ans de cela et qu’il avait jusqu’alors gardé précieusement le secret. Mais le mal était fait et aucun retour en arrière n’était possible. Je ne lui pardonnerai jamais sa trahison et, ne supportant même plus sa vue, lui crachai à la figure avant de quitter la maison une fois pour toutes, me jurant de ne plus jamais y remettre les pieds. |
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