Alors, quelques passages de Hell de Lolita Pill.
"Trop vécu trop jeune, et trop seule. Je ne mérite pas qu'on s'occupe de moi.
Je ne comprend pas. Je n'ai besoin de personne. On cherche l'amour, on croit le trouver. Puis on retombe. De haut.
Mieux vaut tomber de haut que de ne jamais s'élever ?
Tu fais de ta vie un calvaire. Des visages implorants, la solitude, des mains sales, un bébé qui pleure, la nuit, le néant...
Le néant est une question de point de vue...
Des bras m'enserrent et annihilent ma détresse, je sens une caresse dans mes cheveux, sur mes yeux qui me brûlent, sur mes joues innondées, sur mes lèvres avides.
Je ne sais plus pourquoi je pleurais. Je ne pleure plus.
Plus vraiment ? Ca coule toujours mais c'est parce que je ne peux pas
l'arrêter. Je suis si bien. L'espoir renaît du fond du gouffre.
Ré-illusionée."
"On vit...comme des cons. On mange, on dort, on baise, on sort. Encore et encore. Et
encore... Chaque jour est l'inconsciente répétition du précédent : on
mange autre chose, on dort mieux, ou moins bien, on baise quelqu'un
d'autre, on sort ailleurs. Mais c'est pareil, sans but, sans intérêt.
On continue, on se fixe des objectifs factices. Pouvoir. Fric. Gosses.
On se défonce à la réaliser. Soit on ne les réalise jamais et on est
frustrés pour l'éternité, soir on y parvient, et on se rend compte
qu'on s'en fout. Et puis on crève. Et la boucle est bouclée. Quand on
se rend compte de ça, on a singulièrement envie de boucler la boucle
immédiatement, pour ne pas lutter en vain, pour déjouer la fatalité,
pour sortir du piège. Mais on a peur. De l'inconnu. Du pire. Et puis
qu'on le veuille ou non, on attend toujours quelque chose. Sinon on
presserait sur la détente, on avalerait la plaquette de médocs, on
appuierait sur la lame de rasoir jusqu'à ce que le sang gicle...
On tente de se distraire, on fait la fête, on cherche l'amour, on croit le
trouver, puis on retombe. De haut. On tentede jouer avec la vie pour se
faire croire qu'on la maîtrise. On roule trop vite, on frôle
l'accident, on prend trop de coke, on frôle l'overdose."